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Femme enceinte et vertige : 5 signes d’alerte et les gestes qui soulagent

Élise-Marie Quinson d’Armanville 8 min de lecture

Avoir la tête qui tourne pendant la grossesse est fréquent, surtout au lever, en cas de chaleur, de fatigue ou lorsque les repas sont trop espacés. Dans la plupart des cas, ces vertiges sont liés aux adaptations normales du corps. Ils doivent toutefois être pris au sérieux s’ils sont intenses, répétés ou associés à d’autres symptômes.

L’essentiel est de savoir ce qui peut les déclencher, pour mieux les limiter au quotidien, et de reconnaître les situations où il faut contacter rapidement un médecin, une sage-femme ou une maternité.

Pourquoi les vertiges sont fréquents pendant la grossesse

Une tension plus basse et une circulation qui s’adapte

Dès le début de la grossesse, les hormones modifient le fonctionnement des vaisseaux sanguins. La progestérone favorise leur dilatation, ce qui peut entraîner une baisse de la pression artérielle. Le cerveau reçoit alors un peu moins de sang pendant quelques secondes, notamment lors d’un changement brusque de position. Cela explique la sensation de tête qui tourne quand on se lève trop vite d’un lit, d’un canapé ou d’une chaise.

Femme enceinte et vertige : causes fréquentes, gestes à faire et signes d’alerte
Femme enceinte et vertige : causes fréquentes, gestes à faire et signes d’alerte

Le volume sanguin augmente aussi pour répondre aux besoins du placenta et du bébé. Cette adaptation est normale, mais elle demande un effort supplémentaire à l’organisme. Certaines femmes ressentent alors une fatigue inhabituelle, des bouffées de chaleur, une impression de faiblesse ou un malaise vagal passager. Quand ces sensations reviennent dans les mêmes situations, elles sont souvent liées à la position, à la chaleur ou à une station debout prolongée.

Hypoglycémie, anémie et besoins accrus

Les vertiges peuvent aussi être favorisés par une baisse de la glycémie, surtout si les nausées empêchent de manger correctement ou si les repas sont trop éloignés. Des variations de la glycémie maternelle autour de 10 % sont rapportées pendant la grossesse, ce qui peut suffire à provoquer sueurs, tremblements, faiblesse et étourdissements chez certaines femmes.

L’anémie par carence en fer est une autre cause possible. Elle se manifeste souvent par une grande fatigue, une pâleur, un essoufflement à l’effort, des palpitations ou une sensation de jambes molles. Dans ce cas, un bilan sanguin permet de vérifier les réserves en fer et d’adapter la prise en charge si nécessaire. Quand les vertiges s’accompagnent de fatigue marquée, il ne faut pas les réduire à un simple “coup de mou”.

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À quel moment de la grossesse les vertiges apparaissent-ils le plus ?

Au 1er trimestre : hormones, nausées et repas irréguliers

Le 1er trimestre est une période propice aux vertiges, car les changements hormonaux sont rapides. Les nausées, les vomissements, la fatigue et les difficultés à s’alimenter régulièrement peuvent accentuer les sensations de malaise. Certaines femmes se demandent si un vertige à 1 semaine de grossesse peut être un signe fiable. À lui seul, non. Il peut survenir très tôt, mais il n’est pas spécifique et ne permet pas de confirmer une grossesse.

À ce stade, les vertiges sont souvent brefs et liés à une situation précise : se lever trop vite, rester debout longtemps, avoir trop chaud, ne pas avoir assez bu ou avoir sauté une collation. Les repérer aide à identifier les déclencheurs. Dans la vie quotidienne, le rythme compte beaucoup, car un simple enchaînement fatigue, chaleur et jeûne prolongé suffit parfois à provoquer un étourdissement.

Au 3e trimestre : le poids de l’utérus et la veine cave

En fin de grossesse, un autre mécanisme peut intervenir : la compression de la veine cave inférieure, surtout en position allongée sur le dos. Cette grosse veine participe au retour du sang vers le cœur. Lorsqu’elle est comprimée par l’utérus, le retour veineux diminue, la tension peut chuter et un malaise peut apparaître. On parle parfois de syndrome hypotensif de décubitus dorsal.

Ce phénomène explique pourquoi il est souvent recommandé de se tourner sur le côté gauche en cas de malaise ou pour dormir plus confortablement. Cette position peut favoriser le retour veineux et réduire la sensation d’oppression, de nausée ou de tête qui tourne. Chez certaines femmes, le malaise survient surtout quand elles restent allongées trop longtemps sur le dos, puis s’améliore rapidement dès qu’elles changent de position.

Reconnaître un vertige banal, un malaise et une situation plus préoccupante

Un vertige correspond souvent à une impression de déséquilibre, de pièce qui tourne ou de flottement. Un malaise vagal, lui, associe plutôt faiblesse brutale, sueurs froides, nausées, vision trouble, bourdonnements d’oreille et besoin urgent de s’asseoir ou de s’allonger. L’évanouissement est une perte de connaissance, même brève, et doit être signalé à un professionnel de santé pendant la grossesse.

Situation Causes possibles Premier réflexe
Tête qui tourne au lever Baisse de tension, hypotension orthostatique Se rasseoir, respirer, se relever lentement
Faiblesse avec sueurs avant un repas Hypoglycémie, repas trop espacé Prendre une collation et boire
Vertige allongée sur le dos au 3e trimestre Compression de la veine cave Se tourner sur le côté gauche
Vertiges avec fatigue intense et essoufflement Anémie possible Demander un avis médical et un bilan sanguin
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Un bon repère consiste à observer le contexte. Un vertige bref, qui passe en s’asseyant, après avoir bu ou mangé, est généralement moins inquiétant qu’un malaise soudain sans facteur évident, qui se répète ou s’accompagne de douleurs, de troubles visuels ou de saignements. La répétition des épisodes, la durée et les symptômes associés comptent autant que l’intensité ressentie sur le moment.

Que faire immédiatement quand la tête tourne ?

Sécuriser la position avant tout

La priorité est d’éviter la chute. Dès que le vertige arrive, il faut s’asseoir ou s’allonger, idéalement sur le côté gauche si la grossesse est avancée. Desserrer les vêtements trop serrés, respirer lentement et demander de l’aide si l’on est seule dans un lieu public sont des réflexes simples mais importants.

Se lever en deux temps aide souvent. Restez assise quelques secondes au bord du lit, posez les pieds au sol, puis tenez-vous à un appui stable avant de marcher. Cette lenteur réduit les changements brusques de pression. Un trajet dégagé entre la chambre et la salle de bain, une main sur le dossier d’une chaise, des chaussures qui tiennent bien au pied, ce sont des détails utiles quand les étourdissements surviennent surtout la nuit ou au réveil.

Boire, manger et éviter les déclencheurs

En prévention, viser environ 2 litres d’eau par jour peut aider, sauf avis médical contraire. L’hydratation doit être régulière, pas concentrée en une seule fois. Côté alimentation, mieux vaut garder 3 repas par jour et ajouter une collation si les nausées ou les fringales provoquent des creux. Les aliments riches en fer, associés à une alimentation variée, sont utiles en cas de tendance à l’anémie, mais une supplémentation ne doit pas être improvisée sans avis médical.

  • Se lever en deux temps, d’abord assise au bord du lit, puis debout.
  • Éviter les douches trop chaudes, les pièces surchauffées et la station debout prolongée.
  • Garder une petite collation facile à digérer en cas de nausées ou de faiblesse.
  • Boire par petites quantités tout au long de la journée.
  • Prévenir l’entourage si les malaises sont fréquents, notamment au travail ou dans les transports.
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Ces gestes ne suppriment pas toujours les vertiges, mais ils diminuent souvent leur fréquence. Quand les épisodes reviennent malgré ces mesures, ou quand ils s’installent dans un rythme de plus en plus gênant, il faut en parler au suivi de grossesse. Une tension basse, un manque de fer ou un apport alimentaire insuffisant peuvent alors être vérifiés rapidement.

Les 5 signes d’alerte qui doivent faire consulter

La prudence ne signifie pas paniquer. Elle consiste à ne pas banaliser certains symptômes lorsqu’ils apparaissent avec les vertiges. Une consultation rapide est nécessaire si les vertiges sont violents, persistants, inhabituels ou s’ils s’accompagnent d’un des signes suivants.

  1. Saignements vaginaux, douleurs pelviennes ou douleurs abdominales importantes, car ils peuvent nécessiter une évaluation obstétricale.
  2. Maux de tête sévères, troubles visuels, points lumineux ou vision floue, surtout avec une tension élevée ou des œdèmes.
  3. Évanouissement, perte de connaissance même brève, chute ou malaise répété.
  4. Essoufflement important, palpitations fortes, douleur thoracique ou sensation de malaise qui ne passe pas au repos.
  5. Vertiges associés à une douleur brutale, à une fièvre, à une faiblesse d’un côté du corps ou à une confusion.

Certains tableaux doivent être évalués sans attendre, notamment lorsqu’une pré-éclampsie, une grossesse extra-utérine, une fausse couche, un problème placentaire ou une autre complication est suspecté. Seul un professionnel peut trancher après examen, mesure de la tension, analyse des symptômes et, si besoin, bilan sanguin ou surveillance obstétricale.

En pratique, un vertige isolé chez une femme enceinte est souvent bénin lorsqu’il cède vite et que l’état général reste bon. Mais si quelque chose vous semble anormal, si les épisodes se répètent ou si votre intuition vous inquiète, mieux vaut demander un avis. Pendant la grossesse, il est plus prudent de consulter tôt que d’attendre qu’un signe s’aggrave.

Élise-Marie Quinson d’Armanville
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